Quand la Chine commence à croquer l'Ecosse


Et voilà, nous y sommes.

Un fond ‘investissement chinois achète la distillerie Loch Lomond dans les Lowlands, qui détient aussi Glen Scotia à Campbeltown et accessoirement les stocks de la distillerie Littlemill, fermée.

 

Le fond, Hillhouse Capital Management (www.hillhousecap.com) s’occupe de plein de choses, pas du tout de whisky.

Sur leur site nous pouvons lire "We look for opportunities around the globe, with a focus on Asia".

Que je sache l’Ecosse n’a pas encore déménagé.

 

Pourquoi alors s’intéresser à une distillerie ?

N’y a-t-il pas une entreprise écossaise, une jeune start-up de la distillation qui serait prête à relever le défi et à racheter Loch Lomond ?

A priori non, la jeune start-up de la distillation veut s’occuper des nouvelles tendances, des nouveaux whisky vieillis en deux semaines ou que sais-je encore d’aberrations spéculatives débiles…

 

Attention les amis écossais : ceci est le premier pas d’une invasion programmée de l’Ecosse, un peu sur le modèle de ce qui se passe en France avec les différents châteaux dans le bordelais qui sont en train de passer sous pavillon chinois.

 

Après avoir pompé tout le savoir-faire et les multiples facettes du travail d’une distillerie écossaise, nos amis chinois plieront leurs bagages en laissant derrière eux des belles ruines fumantes et des yeux pour pleurer.

 

D’une part, ils pourront importer légalement en Ecosse du whisky bas de gamme chinois à mélanger dans un futur blend au nom exotique et le vendre à prix d’or dans une belle boite dorée qui sent la tradition chinoise à pleins poumons et d’autre part ils pourront aussi exporter tranquillement la production écossaise vieillie au moins trois ans en Ecosse pour vendre, encore une fois à prix d’or, du vrai Scotch en le mélangeant avec leur production locale. Et ils auront le droit d’y apposer l’étiquette « scotch », n’en déplaise aux puristes écossaises de la scotch whisky society.

 

La stratification par le bas : gros profits avec peu d’investissements et des produits qualitativement douteux.

 

Les notables écossais qui se sentent dérangés si Compass Box note sur ses étiquettes le nom des distilleries qui composent leur blend devraient s’occuper de choses bien plus graves, faute de quoi il vaudra mieux qu’ils apprennent à parler chinois rapidement…