Pernod Ricard et sa nouvelle distillerie en Chine


La nouvelle a de quoi surprendre, mais pas tant que ça.

 

La Chine représente un intérêt majeur pour les distilleries; en effet, la marché « domestique » européen est bien saturé et, même si la consommation de whisky est sur une tendance à la hausse (qu’il s’agisse de blend ou de single malt), les marges de progression ne sont pas extensibles.

 

Macallan est déjà sur la voie de la soie et d’autres distilleries n’ont des yeux que pour l’Asie (d’un point de vue purement financier, pourquoi diable aller s’embêter avec des clients européen qui ont la memoire du gout et des envies qualitatives importantes quand on peut viser un public bien plus large en nombre, plus rémunérateur en marge et sans aucune connaissance du produit ? C’est joué gagnant d’avance).

 

Sur un marché de 1,3 milliards d’habitants, une toute petite hausse de la consommation de whisky, qui semble tourner à ce jour aux alentours de 1% du marché des spiritueux, prend des proportions gargantuesques si rapportée au marché européen.

 

Les chiffres parlent à elles même: le portfolio de Pernod Ricard, avec des marques telles que Ballantine’s, Chivas et The Glenlivet a progressé de 14% quand dans le reste du monde il n’a atteint « que » 4%.

 

L’Ecosse compte environ 5,4 millions d’habitants.

 

Si 1% de la population chinoise boit davantage de whisky, c’est comme si la population de l’Ecosse avait plus que doublé, autant dire que les chiffres et les marges de progression sont telles que même un stagiaire débutant en contrôle de gestion y perdrait sans sang froid.

 

Reste à savoir si, et c’est là le risque majeur, Pernot Ricard va continuer son développement là où ça rapporte gros ou s’il continuera bon an mal an à miser sur les bastions historiques du Scotch pour assurer une production qualitative.

 

Le marché du Scotch en Europe risque de prendre un coup de bâton en retour, il faut espérer que les traditions et la présence de petites distilleries plus ou moins artisanales assurent la survie d’un produit qualitativement constant dans le temps, si toute fois ces mêmes petites unités de production ne cèdent, tôt ou tard, aux sirènes chinoises…

 

Le futur nous dira où nous sommes en train d’aller…

 

Dans tous les cas, il faudrait que le monde se pose la question de savoir s'il est encore judicieux, moralement, de continuer à faire travailler un pays qui ne fait que cacher sa misère sociale au quotidien et qui bride à tout va toute liberté individuelle.

Pourquoi alors ne pas installer une distillerie en Corée du Nord ? Aidons les coréen, ils souffrent plus que les chinois.

 

Un bon nombre de distilleries sont en train de se prostituer pour faire du business en Chine; est-ce bien normal ?

Non, pas trop.

 

N'oublions pas que les chinois bientôt pourront se suffire à eux mêmes, ils n'auront plus besoin du monde extérieur. Et quand ils fermeront les robinets, les écossais auront bien soif...

 

L'appât du gain