L'eau a une importance capitale.

 

Toute dégustation de whisky doit se faire avec un verre d'eau à sa disposition et une cuillère à café pour doser l'eau.

En Écosse on vous sert un verre de whisky toujours avec un verre d’eau et une pipette.

 

Faites le test suivant : prenez trois petits verres et ajoutez votre dose habituelle de whisky (en ligne de principe, 3 à 5cl).

Ensuite versez une cuillère à café d'eau dans le deuxième et deux cuillères à café dans le troisième.

De cette façon, le premier verre est pur et les deux autres verres sont dilués progressivement.

 

Laissez passer quelques minutes pour que les arômes s'ouvrent dans le verre et ensuite passez à la dégustation.

 

Vous verrez que vous aurez l'impression de boire trois whiskies différents ; et c'est là que vous aurez l'occasion de tester par vous-même comment l'eau participe à la découverte des arômes cachés.

 

Peu importe, à mon humble avis, qu'il s'agisse d'un whisky à 40°, à 60°, qu'il soit un blend, un single malt ou un bourbon : l'eau amplifie, chimiquement, certaines nuances qui resteraient autrement et discrètement dans l'ombre.

 

Et si vous souhaitez pousser le bouchon plus loin, mettez quelques gouttes de whisky pur sur le dos de votre main, frottez tout doucement jusqu'à l'évaporation des gouttes et humez votre main : vous sentirez au nez des nuances qui vous auront échappée au palais mais que vous pourrez désormais entrevoir au fond de votre bouche, comme un petit rayon de lumière qui essaierait de percer le brouillard.

 

Certains whiskies se prêtent au jeu plus facilement que d'autres ; l’ajout d’eau peut être bénéfique dans certains cas et pas terrible dans d’autres.

 

Le résultat sera d'autant plus probant que le degré d'alcool est fort : un whisky « cask strenght » ou brut de fût, comme l'excellent Glenfarclas 105, qui titre à 60°, est en quelque sorte un jus d'éthanol pur si vous le buvez sans le diluer ; sa puissance est telle qu'il endormira tout simplement vos papilles gustatives sur la langue et tapissera vos joues et palais d'un épais écran de ouate rendant ainsi toute notion de « goût » complètement illusoire.

Vous aurez le loisir de pouvoir boire une tisane à la menthe ou une tisane au camembert sans déceler la moindre différence...

 

Si l'eau est à conseiller, les glaçons sont à proscrire : la brutale chute de température, résultante de l'écoulement du whisky sur le glaçon ou de l'immersion du glaçon dans le verre, aura par conséquence d'endormir non pas votre bouche, mais le whisky lui-même : toutes les nuances cachés, qui demandent à se développer et à exprimer leur palette gustative, resteront en sommeil dans cette nouvelle froideur soudaine ; là pour le coup vous n'aurez aucun retour en bouche, sauf la platitude infinie d'un liquide alcoolique sans goût.

 

Comme toujours, le meilleur moyen de s'en rendre compte est de pratiquer ces exercices : rien de plus probant que l'expérience qu'on mène nous-mêmes pour valider ce qu'on lit dans un livre ou sur un site internet...