Laphroaig


La visite s'est déroulée de manière parfaite.

Arrivé sur place de bonne heure pour prendre « possession » de l’endroit, j’ai eu la chance d’avoir une journée sans pluie et en Ecosse c’est plutôt bon signe.

 

L’endroit est calme, il n’y a pas la foule, je peux marcher dans la cour et les environs tranquillement.

Je ne suis pas un inconditionnel de Laphroaig mais je me dis que j’y suis, que je suis dans un endroit iconique du monde du whisky.

Je vois des employés ici et là, occupés par leur boulot, qui vont d’un point à l’autre de la distillerie.

 

Je peux me positionner sur la baie, face à la mer, là où le bâtiment avec le gros texte LAPHROAIG impose sa présence (c’est une des caves de vieillissement).

 

L’heure de la visite arrive, j’ai pris le tour de la distillerie avec la dégustation de quelques « cask strenght ».

 

Tout commence dans la boutique : le personnel est avenant et souriant, il y a des bouteilles bien évidemment et des articles souvenir, des livres, des vêtements, des tasses… bref, la panoplie habituelle de ce type de boutique.

Mais c’est bien organisé.

Tiens, j’achète un bonnet, le prix est intéressant contrairement à Bruichladdich où il coute tout simplement le double.

 

Derrière la boutique on arrive dans un petit musée où l’on retrace l’histoire des hommes et des femmes qui ont bâti la distillerie. 

C’est intéressant, la mise en scène est plaisante.

Nous sommes en petit groupe de 4 personnes, c’est parfait.

Le guide arrive et fait son petit discours d’introduction, puis on se dirige vers les ateliers.

 

Tout est très propre, bien organisé, bien rangé.

On commence par visiter l’aire de maltage : gigantesque.

Un vrai travail de titan, tout à la main. Les graines au sol ont déjà l’arôme de Laphroaig à l’intérieur, c’est incroyable.

Et dans le four de séchage on sent le soufre, c’est assez nette comme impression olfactive. 

La salle de fermentation est assez grande, toute en aluminium et il y a un seul bonhomme pour piloter le tout.

Ça sent bon, un mixte de poudre et de noisette.

Les explications techniques s’enchainent et chacun pose ses questions librement : dans la mesure où nous sommes que quatre plus le guide, on peut discuter tous ensemble et échanger nos points de vue et nos expériences.

 

Le four n’est pas allumé et on échappe à l’enfournement de la tourbe, tant mieux, je n’ai pas envie de sentir la tourbe toute la journée.

 

La salle de distillation est immense et fantastique, j’ai l’impression encore une fois d’être dans un des livres que j’ai lu.

Les « pot stills » sont énormes, de toute beauté.

On aimerait figer le temps, aller dans chaque recoin de l’installation ; les yeux bougent dans tous les sens, on se sent comme des enfants dans un parc d’attraction.

C’est une installation qui donne la mesure de la production de Laphroaig, c’est vraiment impressionnant.

A l’opposé, la zone de mise en fût est ridiculement petite, on se croirait chez Bunnahabhain.

 

Après une bonne heure et demi de visite, nous allons vers les caves pour la dégustation et la comparaison entre trois variantes de bruts de fût ; on aime, on n’aime pas peu importe, c’est un moment d’échange intéressant entre le guide qui forcement trouve que c’est super bon et les uns et les autres présents sur place qui avons des goûts différents.

Des quatre j’étais le seul un peu réfractaire, les trois autres étaient des amateurs de cette marque.

 

Mais c’est justement cette différence qui a fait qu’on a pu discuter et échanger tranquillement autour d’un petit dram. 

Il y a ceux qui ont particulièrement aimé la première dégustation, un autre la deuxième, un peu moins la troisième. 

Pourquoi, comment : c’est très intéressant de voir le ressenti de chacun face à un retour en bouche ou à une texture ou encore à la force de l’alcool à 54°.

Le whisky est une passion d’échange.

 

Il n’y a pas UN gout, UNE expérience, Un point de vue : il y a des multiples facettes d’une expérience sensorielle très large, où la sensibilité des uns et des autres aux mêmes arômes n’a pas le même angle d’attaque au nez ou en bouche.

 

J’ai la voiture garée au parking, je prends mon temps pour laisser l’alcool s’estomper dans mon corps avant de reprendre le volant. 

Je peux m’asseoir sur le banc devant la boutique face à la baie, à contempler cet endroit magnifique sans savoir si un jour je pourrai y revenir.

Peut-être, ou pas. 

J’y suis. 

Je profite de l’instant, de chaque seconde pour regarder autour de moi ces murs et cet environnement qui ont vu passer tant d’hommes et de femmes, des employées comme des touristes, tous unis par la passion du whisky. 

Génial…