CARNET DE NOTES - L’Écosse et Islay

 

Un voyage à Islay c’est une aventure.

Le simple fait de vouloir y aller en dit long sur la motivation.

 

Islay n’est pas la porte à côté ; certes, il y a des destinations bien plus lointaines, mais n’empêche, c’est un peu comme vouloir aller dans un livre d’histoire. On est en route vers un symbole, un mythe, une référence absolue en la matière : c’est un peu comme aller dans le grand ouest pour le chercheur d’or.

C’est la Mecque du whisky, le graal.

 

Personnellement, partant de la Bretagne, c’est toute une expédition.

Départ très très matinal de Morlaix, en route pour Brest pour une série d’avions Brest-Paris-Amsterdam-Glasgow-Islay. La route est longue mais quand on aime on ne compte, surtout les heures…

 

On commence à sentir l’ambiance « whisky » dès l’arrivée sur le sol écossais ; il y a des brochures de distilleries un peu partout, on sent qu’ici on est en terre de single malt.

Oui, bien sur, il y a les sempiternelles bouteilles de Johnnie Walker sous tous ses couleurs, mais là le cœur du single malt bat fort, bien plus fort qu’ailleurs.

 

On sent le poids de la tradition et du rôle que l’Écosse joue au niveau mondial : n’est pas une distillerie écossaise qui veut…

 

Quoi dire ensuite de l’embarquement pour Islay où l’on arrive tout droit sur un méga stand de whisky avec une quantité incroyable de bouteilles, des pas chers à des bouteilles de collection, avoisinant les 4000€.

On se dit que le monde du whisky est vraiment un monde mondialisé, que la petite bouteille qu’on s’offre à la maison est une partie infime d’une production à la grande échelle dont la dimension nous échappe. On se sent tous petits.

 

La porte d’embarquement est toute petite et ça donne le ton pour la suite : je découvre l’avion…euh.. ça vole ça ? On dirait un autobus échoué de la Ratp avec des ailes.

36 places, pas une de plus, c’est petit et bruyant. En effet, les hélices sont à 50cm des hublots.

 

Le vol se passe bien mais j’ai la nette impression de voler sur un aspirateur, ou un sèche-cheveux sans silencieux. On survole…rien depuis le départ de Glasgow, j’ai des souvenirs de quand j’ai survolé l’Irak il y a des années. On ne vole pas haut, c’est montagneux et il n’y a pas une âme dans les environs sous-jacents.

 

Puis Islay se profile à l’horizon. Enfin, j’y suis.

 

L’aéroport est tout drôle, minuscule : l’aéroport d’islay est à l’aéroport de Beauvais ce que ce dernier est à Charles de Gaulle, vous voyez ?

 

Et dès l’arrivée une série de vitrines juste à côté du tapis pour récupérer les bagages (10m de long à tout casser) vous rappellent que vous êtes ici, sur les terres du whisky, dans l’habitat naturel du « peat », c’est-à-dire la tourbe.

 

Pour ceux qui arrivent en Écosse pour la première fois, un rappel important : ils conduisent en contre-sens et n’ont pas du 220V, il faut un adaptateur, autrement votre smartphone ne chargera jamais.

Ça peut être utile de le savoir.

Et la conduite à gauche demande un temps d’adaptation…

 

Sans parler du fait qu’ils ont des livres et pas d’euros, bref, tout pour plaire, ils ne font rien comme les autres.

 

La voiture reste quand même le meilleur moyen de locomotion à Islay : vous êtes indépendant, vous pouvez bouger au grès des vos envies et sans attendre des bus pendant des heures.

Les routes sont un peu sinueuses et le macadam parfois laisse un peu à désirer, il y a pas mal de nids de poules et, par exemple, sur la route qui va de Bowmore à Port Ellen – une ligne droite de 8km – vous avez l’impression de conduire sur des montagnes russes, le gars qui a posé le bitume devait avoir le hoquet.

Ne dépassez pas le 6o miles/heures (oui, la vitesse aussi n’est pas indiquée de la même manière) si vous ne voulez pas décoller ; on retient son souffle quand on croise un gros camion mais on arrive à s’en sortir.

 

Les amateurs de whisky trouveront un tas de noms connus, comme Port Charlotte ou Port Askaig mais, une fois sur place, il n’y a pas beaucoup de choses à se mettre sous la dent : une petite anse avec trois bateaux qui se battent en duel.

Si en plus il pleut et il n’y absolument pas de soleil comme ce fut pur mon cas, c’est limite déprimant.

 

L’île en soi n’a rien de dépaysant, on se croirait dans les Ardennes mais il y a la mer en plus. Pour le reste c’est pareil : du vent, du brouillard, de la pluie.

 

Les habitants vivent essentiellement du tourisme lié aux activités des distilleries.

 

L’hôtel que j’ai choisi est un petit hôtel d’une quinzaine de chambres, le BRIDGEND HOTEL, presque en plein milieu de l’Ile, aux portes de la ville du même nom, un emplacement idéal pour la tournée des distilleries que je dois faire.

 

L’hôtel est très propre, il y a deux salles de restaurant et un petit bar; la cuisine est de qualité avec des produits essentiellement locaux. Le personnel est très avenant et toujours disponible. Une belle adresse à retenir.

 

J’ai prévu les visites dans l’ordre géographique, d’abord le nord, puis l’est et ensuite le sud. Je n’aurai pas le temps de visiter toutes les distilleries, ce n’est pas bien grave, ça me donnera l’occasion d’y revenir.