Caol Ila


On arrive à la distillerie par la route principale, la A846, direction Port Askaig, puis on prend un petit chemin sinueux qui se termine en cul de sac sur la distillerie elle-même.

Drôle d’impression d’être sur place, dans cette cour que j’ai vu tellement de fois sur les livres.

Il ne fait pas beau, le temps est gris mais ainsi va la vie sur les îles. Surtout à Islay où, comme on dit ici, il y a 4 saisons en une journée.

 

J’ai de la chance, j’ai réservé par internet mon tour de la distillerie et, surprise, je suis tous seul, pas d’autres visiteurs ; c’est l’avantage d’un déplacement hors période de forte affluence.

 

Mon guide est Nigel Brown, un homme fort sympathique et compétent.

Dans la mesure où nous ne sommes que deux, j’ai tout mon temps pour poser toutes les questions qui me viennent à l’esprit.

Nigel a une réponse à tout, l’échange est très plaisant.

 

Diageo oblige, je n’ai pas la possibilité de faire des photos, interdiction formelle sur site.

Il y en a pourtant à foison que Internet mais c’est la règle, donc je ne peux que faire des photos de l’extérieur du bâtiment.

C’est utile à savoir : il y a des passionnées qui se déplacent dans une distillerie seulement s’ils peuvent faire des photos. Ici pas la peine de le faire alors…

 

Caol Ila est la distillerie de l’île qui produit à elle toute seule presque 30% de la production totale de Islay, c’est impressionnant.

La distillerie est nickel, tout est propre et fonctionnel.

 

Une bonne partie (presque la totalité)  de la production part dans la composition du Johnnie Walker et, si on l’a gouté une fois, on trouve tout de suite la typique note fumée.

En principe, dès qu’un assembleur souhaite une note fumée, il fait appel à Caol Ila. On sent d’ailleurs cette note dès qu’on goute aux grains de blé qui servent à la préparation.

 

L’autre partie de la production sert pour les différentes versions des singles malts de la maison.

Une dégustation de quelques versions est proposée dans le tour : le 17 ans est pas mal, tout comme le « cask strenght » exclusivement destiné à la vente dans le « visitor centre ».

 

On peut se poser la question suivante, en tous cas pour le single malt : pourquoi appeler ce whisky un « Islay whisky » quand en réalité ce whisky n’est produit qu’ici et passe le reste de son temps, deux semaines après la sortie des alambics, sur le continent écossais ?

Faut-il appeler ISLAY un whisky qui a vieilli 17 ans ailleurs qu’à Islay ?

 

 Sans parler des considérations gustatives – c’est-à-dire de l’influence ou pas d’un vieillissement sur l’île – n’y a-t-il pas un peu de légèreté de Diageo en la matière ?

 

Je crois que oui.

Je crois que le producteur a l’obligation morale de dire la vérité aux clients.

 

Compte tenu des moyens de Diageo, il ne serait pas inintéressant de construire des locaux sur l’Ile où mettre à vieillir le 2 ou 3% de la production destinée au single malt. Il s’agirait d’un respect à mes yeux évident vis-à-vis du consommateur : sur l’étiquette on écrit la vérité.

 

Mais peut être aux yeux de certains chez Diageo la morale n’a pas de place dans le ce business ; c’est dommage pour nous les amateurs de whisky, ça ne grandit pas Diageo.

 

Après ce premier tour des distilleries, je fais une petite pause déjeuner : il y a le Bellygrant Hôtel a seulement quelques kilomètres. Son bar à whisky est connu : j’avais déjà « googlé » son nom.

 

Effectivement, une fois sur place, c’est impressionnant ; ils ont une carte des whiskies qui n’est pas une carte à proprement parler mais un catalogue. Bien évidemment, la place des whiskies de Islay couvre une bonne partie du catalogue : il y en a de toutes les versions, de tous les embouteilleurs et des distilleries en directe. Vraiment impressionnant.

 

De plus, ils proposent à la vente des petits échantillons des bouteilles du comptoir (il y en a plus de 700) et j’ai pu repartir avec un petit flacon d’une version désormais introuvable du Ardbeg Blasda, c’est dire le choix qu’ils proposent.

 

Ils ont même une carte assez sympa pour casser la croute et ça tombe bien, j’ai faim et c’est l’heure du déjeuner, avant d’aller chez Bunnahabhain.