KILCHOMAN Machir Bay


Un whisky pas facile. Pas du tout.

Au début, au premier essai, la déception a été de la partie. Je l’avais même trouvé pratiquement infect, médicinal à souhait, amer, bref, pas bon du tout.

 

Quand je suis allé à Islay je n’ai même pas cherché la route pour la distillerie tellement le souvenir n’était pas des meilleurs.

Ensuite, avec l’expérience et les diverses dégustations, on apprend à mieux apprivoiser les arômes et les nuances, on se constitue une bibliothèque des gouts et des couleurs et on commence à être enfin prêts pour les défis.

Ce whisky est un défi.

A ne pas faire gouter aux novices, ils fuiront le monde du whisky.

 

Au nez, on sent une pointe de douceur et d’amertume mélangés, il y a de l’amande et du sucre glace, des nuances amères comme celles d’un vieux Chardonnay. Il y a de la matière, de la complexité, ce n’est pas si simple que la couleur pourrait faire apparaître (comme quoi…). Il y a un fond industriel, un solvant comestible, presque salin. Ça intrigue.

 

En bouche, l’amertume arrive de plein fouet, mais quelle amertume ? Une amertume bien dosée, au croisement entre un Laphroaig et un Lagavulin. Il y a du fumé et du médicinal.

Et de la cendre.

S’il y a de la tourbe elle n’est en rien comparable avec celle d’un Port Charlotte, toute douce. Ici on est en terrain miné, ça frise l’overdose immédiate : le coup de fouet au palais est incroyable, ça fait presque brut de fût (il est d’ailleurs à 46°la bestiole).

 

Dire qu’il est bon n’est pas une erreur, il est spécial, un whisky difficile qu’il faut déguster avec le temps et lui laisser le temps de s’exprimer.

 

La finale est assez longue et persistante, un whisky à boire en digestif, sans l’ombre d’un doute.

 

Note finale : 7/10

Prix généralement constaté : à partir de 58€