GLENFIDDICH 15 ans Solera Reserve


La bouteille triangulaire est connue dans le monde entier et pour cause, Glenfiddich est la marque de single malt la plus vendue au monde, tout simplement.

 

Cette version de 15 ans est un pur bonheur, n'en déplaise au whisky-geeks en quête de LA bouteille pour épater la galerie et qui ne daignent pas se tourner vers des marques connues, marques vouées, dans leur philosophie étriquée, à satisfaire un public d'incultes et non pas l'élite bourgeoise, la crème de la crème de la société à laquelle ils pensent appartenir.

Les pauvres, laissons les ignorants se bercer dans le flot de leurs illusions...

 

Revenons à la bouteille : belle couleur, d'un ambre profond, presque orangée sombre. 

 

Le premier verre, comme d'habitude est pur, sans ajout d'eau. 

Seulement à voir la texture dans le verre on devine qu'il s'agit d'un whisky à la texture soyeuse (souvenez-vous, 40°...).

 

Au nez il y a des notes boisées, de l'éthanol qui envahi les narines, sans trop en faire ; il y a du raisin, du sherry, des amandes.

En bouche, ce whisky est enveloppant, doux, soyeux ; l'alcool est présent mais est très fin, subtil, on sent à peine le picotement sur les côtés de la langue qui se trouve sous une couche de douceur, un peu comme une mousse à peine perceptible.

 

L'ajout d'eau (une cuillère à café) n'apporte rien de plus au nez ; par contre en bouche il y une sensation supplémentaire de douceur, forcément, le dégrée alcoolique a baissé pour laisser la place à des arômes cachés qui ont pu se développer davantage. 

La texture toute douce est toujours là.

 

Faites un premier test curieux avec un peu de thé au jasmin, bien chaud : avalez une première gorgée de thé pour nettoyer la bouche puis avalez une deuxième gorgée de thé mais cette fois en le gardant quelques secondes dans la bouche. La langue, le palais, les côtés se chauffent progressivement.

Avalez votre thé et buvez ensuite une petite dose de whisky : la petite amertume du thé est chassée d'un clin d’œil et la chaleur développe une sensation supplémentaire de moelleux qui reste et s'amplifie progressivement, le temps que la température descend à nouveau.

La finale n'est donc pas plus longue mais le temps présent, le temps de la sensation de douceur qui remonte au cerveau est allongé, comme si on avait arrêté le temps : le présent dure plus longtemps, c'est un temps plus fort.

 

Encore un deuxième petit test : mettez sur une cuillère un peu de poivre gris, passez la cuillère sur la langue puis la langue sur le palais.

Avalez maintenant votre whisky : contrairement au thé, la notion du temps change : maintenant le temps présent n'existe plus, il y a une fougue d'épices soudaine puis un temps infiniment long de persistance « buccale » des arômes qui restent, qui durent et qui, enfin, à la fin, vous quittent en vous laissant le goût du poivre qui retourne progressivement en surface et qui vous colle au palais, avec une réminiscence du whisky selon le battement de votre coeur.

 

C'est drôle, n'est-ce pas ?

 

Je vous rassure, ce test ne prouve rien de tout ; simplement, il s'agit d'une autre manière de capter les nuances d'un whisky, dans le temps, pour sentir comment les arômes peuvent se développer différemment selon les conditions. 

 

C'est une manière comme une autre de passer du bon temps, une manière curieuse - sans doute - mais c'est la curiosité qui ouvre la voie à la découverte...