CAOL ILA 15 ans Unpeated 2016


Voilà un Caol Ila qui ne dit pas son nom.

 

Loin très loin du style classique de sa production, cette fois on se trouve, au nez, face à un whisky un peu sans âme, quelconque presque. Me suis-je trompé ?

 

C’est un « cask strenght », c’est-à-dire un brut de fût, de la puissance à l’état pur : le diluer avec un peu d’eau c’est lui donner la possibilité de s’exprimer davantage, de laisser ses arômes faire surface.

 

Au nez rien de bien extraordinaire, c’est presque plat, sans épaisseur ni forme ; un petit parfum d’amande et un zest de sucre vanillé. La puissance de l’alcool pourrait faire penser à du menthol tellement sa rentre dans les narines mais non, c’est bien de l’éthanol à 61,5°, pas de menthe à l’horizon.

 

En bouche ça cogne, il faut de l’eau, faute de quoi vous aurez l’impression de boire du Sans Plomb.

Après quelques minutes, je peux à nouveau déguster.

 

C’est doux tout en étant coriace ; il y a une histoire là-dedans, c’est sûr qu’il ne s’agit pas du petit whisky du coin à pas cher.

La texture est complexe mais attention : ne faites pas rentrer de l’air dans votre bouche juste avant d’avaler, parce que c’est une bombe que vous aurez dans la bouche, de l’eau de vie très très forte.

Ce whisky a besoin de circuler en bouche, il a besoin de s’adoucir avec la salive et la température de votre corps ; sans air c’est du bonheur, avec de l’air c’est un cauchemar.

 

Et la finale n’est pas la même dans les deux cas : si vous l’avalez avec de l’air vous aurez un grand moment de solitude, c’est hyper fort en alcool et la finale sera très courte.

Si vous l’avalez en la laissant circuler en bouche, la finale sera moyennement longue et avec un mixte de sucré et de salé.

 

Un Caol Ila qui sort de l’ordinaire et qui n’est pas facile à trouver sur le marché.

On dirait un Glenglassaugh avec une touche de Dalmore.

Dommage…

 

Note finale : 7/10

Prix moyen : aux alentour des 105€