ARDBEG AN OA


Un Ardbeg un peu différent des autres Ardbeg.

Rien à voir avec le « Ten » ou le « Corryvreckan », ce dernier étant particulièrement pas bon, mais ça n’engage que moi.

Je ne suis pas un grand fan d’Ardbeg, en général, mais j’ai eu beaucoup de plaisir à visiter la distillerie à Islay. L’ambiance est très famille, très pro aussi, de l’arrivée sur la cour ouverte en passant par la petite brasserie et en parcourant les ateliers de la distillerie.

 

Ardbeg est un whisky costaud, tant en termes de gout que d’arômes et de persistance en bouche; c’est peut-être le plus dur des whiskies d’Islay avec Laphroaig. 

En comparaison, Bowmore c’est du sucre…

 

Cette version AN OA est beaucoup plus plaisante que les autres finitions ; il y a une douceur rare pour un Ardbeg, avec une présence assez nette de réglisse qui domine un peu le tout.

On dirait l’Ardbeg le plus consensuel, celui qui a été pensé pour plaire au plus grand nombre et pour être une mise en bouche pour ceux qui souhaitent, ensuite, aller plus loin dans l’aventure gustative très marquée du monde d’Ardbeg.

 

Au nez on sent un peu de fumée, rien de bien extraordinaire tout compte fait pour cette marque.

Puis en bouche cette sensation de fumée se confirme dans un bouquet très complexe de feuilles de thé, de cire mais où le réglisse s’affirme avec une note cendrée pas désagréable.

 

Bien évidemment, après avoir gouté ce whisky, pas la peine de le sentir à nouveau avec le nez au bord du verre, tout le système olfactif est hors-service, on pourrait humer un cigare sans rien sentir.

 

Ensuite cette amertume est accompagnée par une douceur insoupçonnée qui monte progressivement en bouche, comme du caramel cuit avec une touche d’herbe mouillée.

Il faut s’y faire au début puis on commence à apprécier cet arrière-goût si présent.

 

La finale est d’une longueur monstrueuse, infinie, présente, forte. Les arômes ne quittent plus la bouche.

Si vous avez pris ce whisky le soir après mangé en digestif (pas la peine de le prendre en apéritif, autant manger ensuite du plâtre, rien n’aura plus de gout) vous y irez-vous coucher avec ce gout de fumée en bouche.

Pour les estomacs fragiles, prenez en compte le fait qu’il s’agit d’un whisky dur aussi à digérer, sa présence reste très forte pendant plusieurs heures et si vous allez vous coucher peu après l’avoir bu, l’expérience ne sera pas des plus agréables, vous aurez l’impression d’avoir avalé le whisky avec son verre.

 

En conclusion, un excellent Ardbeg à conseiller à ceux qui commencent à découvrir le whisky et qui ont un peu d’expérience en la matière. Les novices n’auront pas trop d’intérêt à s’aventurer sur les contrées d’Ardbeg trop tôt, il s’agit d’un whisky trop complexe pour pouvoir être apprécié sans une bibliothèque d’arômes et de textures dans le cerveau.

  

Pour ceux qui connaissent un peu les whiskies, c’est un excellent voyage. 

 

Note finale: 8/10

Prix généralement constaté: à partir de 58€